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La sensibilisation au don d'organe.

Question de Mme Zrihen du 30 septembre 2011 :

Sensibilisation au don d’organe La législation belge sur le don d’organes fait partie des lois les plus modernes au sein de l’Europe et a déjà servi de modèle.

Dans notre pays, les listes d’attente pour la transplantation d’organes seraient même plus courtes que chez nos voisins.

La Belgique fait également partie d’Eurotransplant, une asbl réunissant les centres de transplantations de différents pays européens afin de rassembler le plus grand nombre de donneurs et de receveurs et d’optimaliser la répartition des organes disponibles.

 

Cependant, la demande d’organes reste encore actuellement plus importante que l’offre. La Belgique souffre donc, comme d’autres pays, d’une pénurie de dons d’organes, ce qui constitue un frein majeur à la transplantation alors que certains organes ou portions d’organes peuvent être prélevés avec peu de risques sur une personne vivante.

La loi du 13 juin 1986 sur le prélèvement et la transplantation d’organes stipule qu’une autorisation de prélèvement ne doit pas être demandée à la famille d’un donneur. Il s’applique à tout Belge sauf si l’intéressé a fait une déclaration d’opposition auprès du Registre national.

Lorsque qu’aucune déclaration n’a été préalablement effectuée, la famille du défunt s’opposerait néanmoins au prélèvement dans environ 15% des cas. Actuellement, toute personne majeure ou mineure capable de manifester sa volonté, peut faire enregistrer une déclaration d’acceptation à un prélèvement d’organes après le décès auprès de sa commune.

Comme vous le savez, une campagne nationale dédiée au don d’organes, « Beldonor.be », avait été lancée en juin 2005 auprès de différents groupes cibles et avait engendré une augmentation importante du nombre de déclaration en faveur du don d’organe.

Cette opération est renouvelée chaque année et de nombreux étudiants de l’enseignement supérieur y participent. Actuellement, il semblerait que le nombre de déclarations auprès des communes ainsi que les donneurs d’organes vivants soient en stagnation voire en diminution. On peut dès lors se demander si ce phénomène n’est pas lié au manque de connaissance de la population.

En effet, beaucoup doivent se questionner sur les coûts occassionnés par le don du vivant, que devient le reste du corps (le don d’organe équivaut-il à un don à la science),... Je sais que la transplantation et le don d’organes ne relèvent pas de la compétence de la Communauté française. Cependant, je souhaiterais savoir, Madame la Ministre, si dans le cadre de l’Enseignement, une action d’information et de sensibilisation au don d’organe et plus spécifiquement au don du vivant, serait envisageable auprès de publics spécifiques tels que les enseignants ou les élèves, voire les personnels ou même les parents adolescents ?


Réponse de Madame la Ministre M.D. Simonet L’école concerne tous les jeunes âgés de 6 à 18 ans. Elle est, par conséquent, un vecteur d’informations important.

Doit-on pour autant lui demander de sensibiliser et d’informer à tous les problèmes de société ? Je me suis déjà exprimée à de nombreuses reprises à ce propos. Chaque jour, des propositions arrivent dans les établissements scolaires, portant sur des thématiques extrêmement diversifiées. L’école ne peut pas tout assumer seule. Les équipes enseignantes ne peuvent répondre positivement à l’ensemble des sollicitations qui lui sont adressées. Chaque école ne peut aborder chacune des thématiques. Personne ne contestera la pertinence d’informer et de sensibiliser au don d’organe. J’y suis favorable. Mais cela est valable aussi pour l’élaboration et la mise en place de dispositifs de prévention du suicide, des assuétudes (tabac, alcool, drogues,. . . ) ou des jeux violents. . . C’est également le cas en matière d’éducation qu’elle porte sur la citoyenneté, le développement durable, l’éducation au respect de l’environnement, l’égalité des chances et des genres, . . . et la liste est loin d’être exhaustive. Sans oublier non plus que l’école est invitée à se re-centrer sur les compétences de base et à se montrer efficace en améliorant les scores obtenus aux enquêtes PISA. Je le répète, vu le temps dont elle dispose, l’école doit mettre des priorités. Chaque équipe éducative est invitée à mobiliser les ressources disponibles pour aborder des thématiques adaptées au contexte spécifique de l’établissement scolaire dans lequel elle s’inscrit. D’autre part, la multiplication et la diversification des propositions faites aux écoles, si elle peut être source d’enrichissement, risque par ailleurs d’entraîner un morcellement des actions menées et la non prise en considération de l’être humain dans son identité constituée comme un tout. Chaque chef d’établissement veillera par conséquent à promouvoir des stratégies de prévention et d’éducation cohérentes, qui trouvent leur point d’ancrage dans les réalités locales, en réponse aux besoins spécifiques tant des élèves que de la communauté éducative. Il appartient aux directeurs d’école et aux équipes éducatives de voir dans quelle mesure ils peuvent intégrer l’information et la sensibilisation au don d’organe, thématique parmi d’autre, dans les activités de l’établissement scolaire.