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La prévention de la surdité durant Festivals musicaux

Chaque année, durant les mois de juillet et août, des festivals musicaux sont organisés en Wallonie et à Bruxelles. De nombreux jeunes en vacances s’y rendent, parfois tous les week-ends, pour écouter les groupes qu’ils aiment et découvrir de nouveaux talents. Lors de ces manifestations, la musique amplifiée constitue un risque accru pour l’ouïe des festivaliers, parfois extrêmement jeunes. Les expositions prolong&eacut e;es et répétitives à des volumes sonores trop élevés peuvent provoquer des dégâts irréversibles : surdité, acouphènes (sifflements ou bourdonnements dans les oreilles) ou, au contraire, hyperacousie (perception amplifiée des sons du fait de la destruction de cellules cillées de la cochlée qui ont pour fonction d’atténuer les sons trop forts). Par ailleurs, si les sons dépassant 120 décibels engendrent des risques physiologiques avérés de détérioration de l’audition, les sons moins intenses ont également un effet sur le sommeil ou l’humeur selon les individus. Les professionnels de l’audition constatent de plus en plus de traumatismes acoustiques chez les plus jeunes. En effet des études révèlent que 6 pour cent des jeunes de 15 à 19 ans et 9 pour cent des jeunes de 20 à 24 ans présentent déjà des signes de malentendance dont la musique amplifiée, en concert ou sur baladeur, serait la première responsable. Une méconnaissance et une minimisation des risques auditifs chez les plus jeunes seraient à l’origine de ces phénomènes.

Vous aviez indiqué lors d’une précédente séance que la question devrait figurer dans les contrats de gestion et que vous souhaitiez attirer l’attention de tous les opérateurs culturels sur les conséquences néfastes du bruit sur l’ouïe des spectateurs. Vous aviez également évoqué l’éventualité de porter la réflexion au niveau européen afin d’aboutir à une réglementation restrictive commune.

Pouvez-vous me dire où en sont la mise en oeuvre et le suivi des mesures annoncées ? Avez-vous déjà obtenu un retour des organisateurs ?

Y a-t-il des stands de prévention simulant les effets indésirables liés à l’excès de bruit, acouphènes et hyperacousie, afin que les festivaliers prennent conscience de ce qu’ils risquent ? Les enceintes peuvent-elles être placées librement sans tenir compte de la proximité des festivaliers ou pourrait-il y avoir une réglementation en la matière ?






En ma qualité de ministre de la Culture et de la Santé, je suis soucieuse de la prévention des risques auditifs, notamment lors de concerts programmés en salles ou dans des festivals. Bien que la réglementation relative aux normes sonores soit du ressort régional, je suis attentive aux conséquences des volumes sonores sur le système auditif, particulièrement du public jeune qui est régulièrement exposé à un excès de décibels. En effet, si le système auditif court un risque certain à partir de 90 décibels, il est évident que le volume sonore élevé ne représente pas le seul danger, le temps d’exposition est aussi un élément très important à prendre en considération. Cette exposition à des volumes sonores élevés est fréquemment constatée durant les concerts, soirées et événements musicaux mais aussi chez les utilisateurs réguliers de baladeurs ainsi que dans les salles de cinéma et d’autres manifestations culturelles ou festives ; l’écoute de la musique à volume élevé dans les voitures est également un phénomène notable. Par ailleurs, j’attire votre attention sur le fait qu’outre le public, les artistes et les techniciens du spectacle oeuvrant dans les musiques actuelles représentent les populations les plus exposées aux problèmes auditifs. Je suis consciente que l’application d’une norme limitant le volume sonore à 90 décibels n’est pas techniquement applicable dans la plupart des espaces de diffusion de capacité moyenne que nous avons en Belgique, certains instruments comme les cuivres ou la batterie pouvant dépasser les 100 décibels sans amplification. Mais vous avez raison lorsque vous présentez les risques auditifs comme un véritable problème de santé publique. C’est pourquoi, j’ai chargé l’association « Modus Vivendi » de distribuer des bouchons de protection destinés aux oreilles dans les festivals d’été, accompagnés d’une brochure informative intitulée « Décibels ». L’association « Latitude Jeunes » effectue également un énorme travail de promotion, notamment par la distribution de 30 000 exemplaires du « Guide de survie en festival ». Il en est de même de l’association "Court-Circuit". Ces différents organismes, présents sur les différents sites, jouent un rôle essentiel. Par ailleurs, un courrier a été adressé à la plupart des organisateurs d’événements musicaux, qu’il s’agisse de salles de concerts ou de festivals, leur demandant de prendre des mesures préventives pour atténuer autant que possible l’excès de bruit. Ainsi, la réduction du volume sonore et la mise en place de zones de repos pour le public, les artistes et les techniciens sont des mesures qui

devraient être appliquées dès cet été. Permettez-moi, Madame la députée, d’attirer votre attention sur le fait qu’il ne faut pas négliger l’aspect pédagogique des actions de prévention. C’est pourquoi, je tiens à ce que le secteur de l’enseignement obligatoire devienne progressivement l’un des leviers de la conscientisation des jeunes à cette problématique. Dans ce cadre, j’ai souhaité associer à ma réflexion, la cellule Culture-Enseignement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, comme j’en ai déjà discuté avec les responsables des Jeunesses musicales ainsi qu’avec ceux de l’association Court-Circuit, lors du

enouvellement de leur contrat-programme. En outre une rencontre entre les associations de promotion de la santé et les principaux promoteurs d’événements musicaux s’est déroulée à mon cabinet afin de favoriser des actions concertées entre les différents acteurs de terrain concernés par ce problème de santé publique. Hélas pour des raisons techniques et afin de ne pas altérer le niveau de qualité sonore indispensable aux prestations des artistes, le déplacement des enceintes acoustiques est impossible. Cette question mérite une réflexion approfondie afin de trouver un point d’équilibre raisonnable qui garantira la protection des citoyens, notamment des plus jeunes, contre la détérioration de leur système auditif. C’est pourquoi vous comprendrez que dans une question aussi complexe et au-delà des différentes législations qui, je le rappelle, ne relèvent pas de mon département, j’ai fait le choix d’agir là où je le peux, en privilégiant dans un premier temps l’information et la pédagogie. Il est clair que nous devrons en faire davantage. Mme Olga Zrihen (PS). – Je suis ravie de l’intérêt que vous portez à la question. En tant que professeur de langues, je suis sensible aux difficultés d’apprentissage linguistique des jeunes souffrant de tels handicaps. On peut aussi s’interroger sur l’impact du coût des appareils auditifs sur le budget des familles et sur la société en général. Il faut un travail préventif. J’inviterai le ministre compétent pour le dépistage scolaire à axer sa politique sur la santé en général, mais aussi sur la capacité auditive des enfants, car une déficience auditive constitue à tout âge un véritable handicap qui peut entraver une carrière professionnelle.