Fonds Monétaire International
- Détails
- Catégorie : Sénat
Projet de loi.
Quatorzième révision générale des quotes-parts des membres du Fonds Monétaire International et des amendements des statuts. (Doc. 5-1285)
Le projet de loi qui vise à permettre au Fonds monétaire international de disposer de moyens financiers supplémentaires pour faire face aux crises mondiales est essentiel.
Il tend en effet à renforcer le poids des pays en voie de développement au sein de cette institution. Ce pas en avant ne peut toutefois pas nous faire oublier l’ampleur du chemin qu’il reste à parcourir. A cet égard, le 26 avril 2007, le Sénat avait déjà adopté, à une très large majorité, un proposition de résolution déposée par le groupe PS demandant au gouvernement d’œuvrer à une réforme profonde de la gouvernance et de la politique du Fonds monétaire international.
Il s’agit, en ce qui concerne l’organisation interne du FMI, de plaider pour une révision en profondeur du système de droit de vote impliquant la mise en œuvre effective sur le long terme du principe « un Etat – une voix » des Nations unies, puisque que le FMI est une institution spécialisée de l’ONU ; l’équité le réclame, même si c’est à notre détriment, comme nous l’a fait remarquer le ministre. Sur le plan des politiques à mettre en œuvre, il faudrait appeler le FMI à redéfinir la nature des conditionnalités afin que celles-ci ne constituent pas une entrave à la nécessité pour les Etats de concevoir leurs propres stratégies de développement.
Il convient d’insister auprès du FMI pour que ces conditionnalités n’empêchent pas les pays débiteurs de poursuivre une politique monétaire qui promeut des objectifs de croissance, d’emploi et de protection sociale. On doit enfin inciter le FMI à redéfinir sa politique afin qu’il n’exige plus la privatisation de produits et services d’intérêt essentiel ou même général – eau, santé, éducation – et qu’il n’impose plus la privatisation d’entreprises publiques génératrices de revenus pour les autorités nationales.
A l’heure où la Troïka, composée de représentants du FMI, de la BCE et de la Commission européenne, impose à la population grecque, en échange d’une aide financière, plus de 50 milliards de privatisation et des mesures qui affectent dans l’immédiat le bien-être de millions de Grecs, je veux exprimer ici le souhait, au nom de l’ensemble des mes collègues socialistes, que la position de cette assemblée soit enfin entendue et respectée.
Je rappelle également le point 24 de la résolution qui demande au gouvernement de présenter chaque année au parlement, au plus tard le 30 juin, un rapport incluant notamment les positions adoptées par la Belgique sur les grandes questions débattues au sein du FMI. Le Sénat serait largement intéressé de recevoir ce rapport. Le groupe socialiste soutiendra bien entendu ce projet de loi.





