Mme Olga Zrihen (PS). – Le 12 janvier dernier, le site «enseignement.be» publiait un communiqué de l’association «100 000 entrepreneurs». Ce communiqué propose aux enseignants de solliciter l’association en vue d’inviter des entrepreneurs à témoigner dans les salles de classe. Cela rejoint un peu la proposition de Mme Warzée-Caverenne. L’association vise la sensibilisation des jeunes de 13 à 25 ans aux possibilités de l’entrepreneuriat, à un choix de vie professionnelle ainsi qu’à des mécanismes et des fonctions telles quelles se réalisent dans l’entreprise. Un des objectifs principaux est de mettre en exergue l’utilité concrète des matières qui sont enseignées à l’école. Beaucoup d’élèves ont l’impression qu’il y a une déconnexion totale entre la vie réelle et ce qui se passe à l’école. À la suite de l’intervention de l’association, les enseignants, les élèves et les entrepreneurs sont invités à formuler un retour ainsi que des remarques à l’égard de la (séquence de) formation qui a été dispensée.

«100 000 entrepreneurs» travaille en collaboration avec Creative Wallonia, Réseau Entreprendre Wallonie ou encore l’incubateur de startups,Student Start Lab. Elle est également financée par des partenaires publics tels que le Plan Marshall 4.0 et l’Agence pour l’entreprise et l’innovation. Mais également par des partenaires privés tels que le Fonds InBev-Baillet Latour ou la banque d’affaires Degroof Petercam.

Quels contacts préalables ont été pris par la Fédération Wallonie-Bruxelles avec l’association «100 000 entrepreneurs»? De quelle manière la Fédération Wallonie-Bruxelles s’associe-t-elle à la Région wallonne afin de soutenir cette initiative? Dans quelle mesure les formations délivrées par «100 000 entrepreneurs» s’accompagnent-elles d’un volet pédagogique incluant tous les acteurs du monde professionnel? De quelle manière les financements privés d’une association qui opère dans les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles sont-ils analysés et encadrés?

Mme Marie-Martine Schyns, ministre de l’Éducation. – Lorsqu’une ASBL propose de communiquer une information sur le site Enseignement.be, l’information est examinée par une équipe de la direction Enseignement.be sur la base des critères suivants: le respect des valeurs défendues par la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’adéquation du public cible, l’aspect pédagogique de l’activité, le respect de la loi sur la publicité dans les établissements scolaires, le caractère non commercial du projet et le soutien du projet par des autorités administratives fédérales, communautaires ou régionales.

Dans le cadre du projet proposé par l’ASBL «100 000 entrepreneurs», tous ces critères sont remplis. Si deux partenaires privés sont cités sur le site de l’ASBL, tous les autres sponsors relèvent de la sphère publique, l’activité est gratuite, etc. Aucun contact particulier n’a été pris par la Fédération Wallonie-Bruxelles avec cette ASBL, mais elle travaille avec l’Agence pour l’entreprise et l’innovation pour la Région wallonne (AEI) et Boost Your Talent pour la Région bruxelloise, avec lesquelles nous avons des contacts réguliers.

Le projet en lui-même me paraît intéressant; il s’inscrit dans le cadre du développement de la créativité et de l’esprit d’entreprendre des jeunes. De nombreux projets sont proposés quotidiennement aux équipes pédagogiques – via Enseignement.be ou directement aux écoles. Les pouvoirs organisateurs sont libres d’adhérer ou non à ces divers projets pédagogiques. Je respecte cette liberté et je fais confiance à leur esprit critique.

Mme Olga Zrihen (PS). – Je tiens à signaler que nous avons aussi un dispositif qui est organisé par les Jeunesses scientifiques. Il s’agit de la mini-entreprise, dont nous avons pu voir régulièrement les initiatives extrêmement intéressantes qui sont prises dans certaines écoles. Ce qui me paraît aussi très particulier, c’est de voir de quelle manière elles peuvent intervenir au-delà du secondaire. Je ne sais pas si elles interviennent dans les CEFA ou ailleurs. Il serait intéressant d’expérimenter le dispositif.

Dernier point intéressant: peut-être pourrions-nous avoir de temps en temps un salon de l’innovation dans les modèles éducatifs ou un salon consacré à la manière dont les jeunes peuvent être sensibilisés à ce type d’initiatives. Souvent, ces initiatives restent discrètes et c’est bien dommage lorsque l’on voit la capacité que l’on pourrait avoir à développer un esprit entrepreneurial qui s’oriente non seulement vers la formation en entreprise, mais aussi vers un changement complet d’attitude par rapport à l’emploi.

 

Lien vers la publication : http://archive.pfwb.be/1000000020580be (pp.30-31)