Mme Olga Zrihen (PS). - Le 13 janvier dernier, le site web de la WBI a publié un nouvel appel à candidatures concernant les bourses d’études en Hongrie pour l’année académique 2017-2018. Ces bourses peuvent être allouées pour des études semestrielles, complètes ou un séjour de recherche. Si la mobilité des étudiants en Europe doit être saluée et encouragée, le maintien d’un tel dispositif avec la Hongrie peut soulever quelques questions éthiques.

En effet, Monsieur Orban au pouvoir en Hongrie depuis 2010, n’a jamais cessé de flirter, voire de dépasser les limites de l’acceptable en proposant et la réhabilitation de la peine de mort, en construisant un mur anti-migrants et, récemment, en organisant un referendum sur l’accueil des migrants.

Fidèle soutien de Donald Trump, Mr. Orban a, dès 2011, imposé la mise au travail des allocataires sociaux et en particulier issus de la communauté Roms dans ce qui, selon l’opposition, ressemble fort à des camps de travail d’un autre âge. Son gouvernement a également mis en place une nouvelle constitution, largement critiquée par la société civile.

Dans l’éducation également, le gouvernement hongrois reste très polarisant puisque l’opposition le soupçonne de favoriser les écoles gérées par l’Eglise. Il y a un an, des milliers de manifestants défilaient dans les rues pour dénoncer la mainmise de Viktor Orban sur l’enseignement.

Je vous avais déjà interpellé sur la situation politique en Hongrie, vous aviez alors assuré rester attentif tout en exprimant le souhait de maintenir une collaboration afin d’assurer une forme de contact et de continuer à promouvoir nos valeurs.

Dans ce cadre Monsieur le Ministre-Président,

  • Comment se déroule la collaboration entre les autorités des universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles et hongroises depuis l’arrivée au pouvoir de Mr. Orban ?
  • Les élèves postulant pour une bourse d’études sont-ils informés de la situation politique du pays d’accueil ?
  • Avez-vous des chiffres concernant l’évolution des demandes dans les bourses d’études de recherches et de formation de part et d’autre dans le cadre de cet appel ?

 

M. Rudy Demotte, ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles. - L’information est effectivement essentielle à la démocratie. Cela étant, nous vivons dans un monde multi-connecté ; c’est même une des caractéristiques majeure de notre temps. Je ne doute donc pas que tout étudiant bénéficiant d’une bourse ou la sollicitant se prépare en s’in- formant sur son pays d’accueil. Cette démarche relève de la responsabilité personnelle des demandeurs, avec l’aide des avis de voyage rédigés sous la responsabilité du Ministre Des Affaires étrangères.

Bien que la Hongrie ne soit pas un pays prioritaire de notre coopération, la plupart de nos établissements ont développé des collaborations avec leurs partenaires hongrois, notamment dans le cadre du programme « Erasmus », aujourd’hui « Erasmus+ ».

Selon l’Ares, seule l’ULB a pris une position formelle sur la situation hongroise et la politique de Viktor Orbán. Son Conseil d’administration a adopté une motion en novembre 2013, exprimant ses inquiétudes à l’égard des positions et mesures prises par le président et affirmant son soutien à la société civile hongroise.

La publication de l’appel à candidature sur le site de Wallonie-Bruxelles International a pour seul objectif d’informer les candidats potentiels, tout comme nos établissements d’enseignement supérieur et ce, hors du cadre de nos relations bilatérales avec le pays concerné.

S’agissant de celles-ci, la tenue de la Commission mixte Wallonie-Bruxelles/Hongrie est effectivement suspendue du fait de la politique menée par le Président Orbán.

Nous considérons cependant – et c’est une position constante dans notre chef - qu’il n’est pas indiqué d’empêcher les contacts entre les citoyens.

Cela étant, concrètement, il n’y a pas d’évolution à signaler dans les demandes de bourses d’études ou de recherches dans le cadre de cet appel depuis 2009, dans la mesure où aucune candidature n’est parvenue à WBI.

Seules quelques mensualités relatives à des stages linguistiques réalisés de part et d’autre, durant l’été, sont accordées. Elles sont destinées à soutenir nos étudiants en langue qui ont le hongrois dans leurs cursus et, réciproquement, à accueillir un (futur) professeur de français langue étrangères et deux cadres administratifs ou diplomates ayant à utiliser le français dans leur travail.

 

Lien vers la publication : http://archive.pfwb.be/10000000205d0c8 (pp.54-55)